Sur un banc de jardin ancien, les lattes de bois lâchent toujours en premier. Le piètement en fonte ou en fer traverse les décennies, mais l'assise se fend, grise et pourrit sous la pluie. Résultat : un banc dont il ne manque que les lattes part souvent pour une bouchée de pain, alors que sa structure vaut le triple. Avant de chercher du bois, regardez les bancs et salons de jardin d'occasion déjà en ligne, où ces pièces à retaper se négocient au plus bas.
Refaire les lattes coûte 10 à 30 € pour un banc trois places en pin, et tient dans un après-midi. Vous retirez le vieux bois, vous mesurez, vous coupez des lattes neuves au bon format, vous les percez et vous les vissez à l'inox. Ce guide déroule tout : où trouver les lattes, quel bois choisir, comment les poser et à quel prix.
📖 Ce qui vous attend :
✅ L'essentiel :
Un banc dont il ne manque que les lattes se vend une fraction de sa valeur, parce que son assise fatiguée effraie l'acheteur pressé. Le défaut est pourtant le plus facile à corriger. Vous payez le prix d'un bois fichu pour une structure métallique qui vaut bien plus.
Les lattes sont la pièce d'usure du banc, pas sa structure. Selon Système D, le bois d'une assise ancienne est sensible aux intempéries, à la neige, au gel et aux ultraviolets : sans entretien régulier, il finit par ternir, se gorger d'eau et pourrir. Le piètement en fonte ou en fer, lui, tient des décennies. Beaucoup de ces bancs associent des lattes de bois et un châssis en fonte, le cas classique traité dans notre guide pour restaurer un banc en fonte ancien.
Les repères de marché observés parlent d'eux-mêmes. Un banc simple en bois d'occasion se négocie souvent entre 20 et 60 €, un banc fonte et bois entre 40 et 120 €, un banc en teck entre 80 et 200 €. Quand l'assise est à refaire, le prix chute encore, alors que le bois neuf ne coûte que 10 à 30 € en pin. L'écart entre ce que vous payez et ce que vaut le banc remis en état, c'est votre bonne affaire. C'est la même logique que pour acheter un banc de jardin d'occasion à retaper plutôt qu'un modèle déjà refait, vendu bien plus cher.
Cet écart de prix a un nom sur le marché de l'occasion.
Selon GardenTed, la décote d'un bien de jardin d'occasion désigne la perte de valeur entre prix neuf et prix de revente, structurée par 4 facteurs (ancienneté, état selon la grille en 5 niveaux, marque premium ou standard, saisonnalité), avec une fourchette sectorielle de 30 à 70 %.
Reliez cette décote à votre calcul. Une assise pourrie fait basculer le banc vers le bas de la grille d'état, donc vers le bas des prix, mais ce facteur d'état se corrige pour quelques dizaines d'euros de bois. Vous rachetez une forte décote et vous en effacez la cause : c'est le levier de la bonne affaire. Selon l'ADEME, réparer un bien plutôt que d'en acheter un neuf génère des bénéfices environnementaux et économiques pour son détenteur.
Deux voies mènent à une assise neuve : couper des lattes de bois neuf sur mesure, ou récupérer des lattes saines sur un autre banc du même modèle. Le bois neuf donne un résultat homogène et durable ; la récup coûte moins cher et garde le cachet d'origine.
Le bois neuf reste la solution la plus simple et la plus fiable. Vous choisissez l'essence, vous coupez à la bonne longueur, vous obtenez des lattes saines pour des années. Le seul bémol tient à l'aspect : selon Système D, des tasseaux neufs posés sur un vieux châssis font parfois un peu trop apparents. Une peinture opaque règle la question si le contraste vous gêne.
La récup vise les puristes qui veulent une réparation invisible. Selon Système D, l'idéal pour garder l'aspect naturel du bois est de récupérer plusieurs bancs du même modèle, même très abîmés, et d'utiliser les lattes les mieux conservées. Vous reconstituez une assise homogène, avec la même patine que le reste. Cette piste demande de la chance et un peu de stock, mais elle donne le rendu le plus fidèle à l'époque du banc.
Prenez les mesures sur les lattes d'origine avant d'acheter le bois. Les bancs anciens sont presque tous hors des formats standards : une latte fait en général 5 à 7 cm de large et 2 à 3 cm d'épaisseur, pour une longueur propre à chaque modèle, souvent de 120 à 150 cm.
Trois cotes commandent l'achat. La largeur et l'épaisseur déterminent la section du bois à commander ou à recouper ; reprenez-les au pied à coulisse sur une latte saine, pas sur une pièce gonflée par l'eau, qui fausse la mesure. La longueur se relève d'un support à l'autre, en gardant le léger débord d'origine s'il existe. Notez aussi le nombre de lattes de l'assise et du dossier, pour commander la bonne quantité d'un coup.
Le dernier repère à relever, ce sont les entraxes de perçage. Chaque latte est fixée au châssis par des boulons à des écartements précis. Reportez ces distances depuis une latte d'origine ou depuis les trous du piètement, pour percer les lattes neuves exactement en face. Une latte percée de travers ne se rattrape pas : elle part à la découpe suivante.
Trois sources fournissent des lattes de banc : la scierie locale, qui débite sur mesure ; la grande surface de bricolage, où des lames de terrasse ou des lambourdes se recoupent à la bonne section ; la récup de palettes, gratuite mais de qualité variable. Le choix dépend du budget et de l'exactitude recherchée.
La scierie est la voie la plus précise. Vous donnez vos cotes, on vous débite des lattes à la largeur, à l'épaisseur et à la longueur voulues, dans l'essence de votre choix. C'est la meilleure option pour un banc aux dimensions particulières, et souvent la plus économique au mètre pour du bois durable. La grande surface de bricolage dépanne quand vous voulez tout trouver au même endroit : une lame de terrasse en pin traité ou une lambourde se recoupe sans mal à la section d'une latte de banc.
La palette attire par sa gratuité, mais elle demande de la vigilance. Le bois de palette est souvent du résineux tendre, parfois traité pour le transport et pas pour l'extérieur, et son épaisseur ne colle pas toujours à celle d'une latte de banc. Réservez cette piste aux bancs d'appoint. Pour une assise qui doit tenir des années, la scierie ou la lame de terrasse traitée restent plus sûres.
Le choix du bois arbitre entre budget et longévité. Un pin traité en autoclave coûte peu et tient bien s'il est entretenu ; un feuillu durable comme le chêne dure plus longtemps sans traitement ; un bois exotique comme le teck offre la meilleure tenue, au prix fort.
La logique des classes d'emploi éclaire la décision. Selon la FCBA, la norme NF EN 335 définit cinq classes selon l'exposition du bois, et un mobilier d'extérieur qui piège l'eau relève souvent de la classe d'emploi 4. Toujours selon la FCBA, seul le traitement en autoclave protège un résineux en profondeur pour cet usage : on parle alors d'un bois traité pour une aptitude à l'usage en classe d'emploi 4, pas d'un simple bois de classe 4. Certaines essences n'ont pas besoin de traitement : la FCBA cite le duramen, le bois de cœur, du chêne, du châtaignier, du robinier ou du mélèze, naturellement durables, tandis que l'aubier reste toujours fragile.
Côté aspect et entretien, le retour d'expérience horticole confirme ces repères. Selon la Royal Horticultural Society, les bois durs comme le teck, l'iroko et l'eucalyptus contiennent beaucoup d'huiles naturelles qui les rendent résistants aux intempéries, avec un simple lavage annuel pour tout entretien. Le pin traité, moins cher et disponible partout, demande une lasure ou une peinture avec produit de préservation chaque année. Le teck neuf, doré, prend une teinte gris argenté en vieillissant, sans que sa solidité en souffre.
| Bois des lattes | Repère de prix | Durabilité | Entretien | Pour qui |
| Pin traité autoclave | 3 à 5 €/ml | Correcte s'il est protégé | Lasure ou saturateur chaque année | Qui relatte au meilleur prix |
| Chêne ou feuillu durable | 8 à 12 €/ml | Longue, sans traitement | Faible, une protection de temps en temps | Qui veut du solide sans se ruiner |
| Teck ou bois exotique | 15 à 25 €/ml | Très longue | Un lavage par an, protection facultative | Qui vise la meilleure tenue et un beau bois |
Le remplacement suit un ordre simple : retirer les vieilles lattes, préparer le châssis, percer les lattes neuves aux bons entraxes, puis les fixer à la boulonnerie inox. Chaque étape prépare la suivante, et une latte bien percée en amont se pose sans forcer. Comptez un après-midi pour un banc trois places.
Si le banc demande plus qu'un simple relattage, piètement compris, la marche à suivre complète figure dans notre guide pour restaurer entièrement un banc de jardin ancien, valable quel que soit le matériau du châssis.
Des lattes neuves ne durent que si elles sont poncées, protégées et fixées proprement. Un ponçage fin, une protection adaptée à l'extérieur et un soin particulier aux extrémités décident de la longévité de l'assise. Cette dernière étape prend peu de temps et évite de tout recommencer dans deux ans.
Poncez d'abord pour lisser et ouvrir le bois. Selon Système D, un papier de verre de grain moyen à fin, de 80 à 180, prépare la surface avant traitement. Arrondissez légèrement les arêtes des lattes au même moment : c'est plus confortable à l'assise et le produit de protection accroche mieux sur un angle cassé que sur un angle vif. Passez ensuite la protection : lasure, saturateur ou huile d'extérieur. Selon Système D, saturateur et huile pénètrent le bois, préservent son aspect naturel et résistent bien aux frottements de l'assise.
Deux zones font la différence entre une assise qui tient et une assise qui repourrit. Selon Système D, les extrémités des lattes et les perçages de fixation sont les portes d'entrée de l'humidité : le bois y est coupé dans le sens des fibres, qui agissent comme des tuyaux ouverts et pompent l'eau. Badigeonnez généreusement les bouts et l'intérieur des trous. Selon la Royal Horticultural Society, l'eau s'attaque en priorité aux surfaces horizontales et aux zones qui la retiennent : un banc dont l'assise sèche vite entre deux pluies gardera son bois neuf bien plus longtemps.
Refaire l'assise d'un banc trois places revient à 10 à 30 € de lattes en pin traité, plus la boulonnerie inox et un peu d'abrasif. En bois exotique ou en feuillu durable, la facture monte, sans jamais atteindre le prix d'un banc neuf. Rapporté à la valeur récupérée, l'effort est vite rentabilisé.
Le détail aide à budgéter avant de se lancer. Les montants ci-dessous sont des repères, à ajuster selon l'essence et les dimensions de votre banc.
| Poste | Repère de coût |
| Lattes en pin traité autoclave (banc 3 places) | 10 à 30 € |
| Lattes en bois exotique ou feuillu durable | 30 à 80 € |
| Boulonnerie inox et abrasifs | 5 à 15 € |
| Temps de travail | 2 à 4 heures |
Le calcul penche toujours du bon côté. Vous partez d'un banc payé bas parce que son assise faisait peur, vous ajoutez quelques dizaines d'euros de bois et un après-midi, et vous obtenez une pièce solide pour des années. Reste à trouver le banc. Les modèles à retaper passent vite et changent tous les jours ; plutôt que de figer des annonces ici, retrouvez les bancs et salons de jardin d'occasion disponibles dans notre catalogue, mis à jour en continu.
Un guide se garde, une annonce non. Selon GardenTed, chaque annonce est diffusée 90 jours au maximum, puis supprimée : le catalogue reflète des biens réellement disponibles, jamais des offres périmées. Cherchez un banc bien bradé pour son assise fichue, vérifiez que le piètement est sain, et faites l'affaire avant de sortir la scie.
Comptez les lattes de l'assise et du dossier sur le banc d'origine avant de commander, car le nombre varie selon le modèle : un banc trois places en compte souvent entre huit et douze au total. Relevez aussi la largeur exacte de chaque latte, en général 5 à 7 cm, pour couvrir toute la surface sans jour entre les lames. Commandez une latte de plus, elle servira aux essais de coupe et de perçage.
Oui, une lame de terrasse convient très bien, à condition de la recouper à la section d'une latte de banc. Ces lames sont conçues pour l'extérieur, souvent en pin traité en autoclave ou en bois exotique, donc adaptées à l'humidité et aux ultraviolets. Vérifiez leur épaisseur, en général plus forte que celle d'une latte d'origine, et rabotez-les si besoin. La grande surface de bricolage en propose au mètre, faciles à débiter soi-même.
Traitez les lattes avant la pose, ou passez au moins une couche sur toutes leurs faces avant de les fixer. Une fois vissées au châssis, les faces cachées et les extrémités deviennent inaccessibles, or ce sont les zones les plus exposées à l'humidité. Selon Système D, les bouts coupés et les perçages pompent l'eau comme des tuyaux ouverts : les protéger avant montage évite que le bois pourrisse par l'intérieur. Une seconde couche après la pose finit le travail.
Les lattes de palette dépannent, mais elles restent un choix d'appoint. Le bois de palette est souvent un résineux tendre, parfois traité pour le transport et non pour l'extérieur, et son épaisseur ne correspond pas toujours à celle d'une latte de banc. Triez les planches saines, vérifiez le marquage, poncez et traitez-les avant usage. Pour une assise qui doit tenir plusieurs saisons, une scierie ou une lame de terrasse traitée offre une bien meilleure garantie.
Utilisez de la quincaillerie inox, boulons ou vis, qui ne rouille pas au contact de l'humidité et du bois. Selon Système D, les boulons d'origine d'un banc ancien se remplacent par des modèles à tête ronde à collet carré de même diamètre, qui se bloquent dans le bois sans tourner. Un écrou autofreinant évite que la fixation se desserre avec les mouvements de l'assise. Ces quelques euros de quincaillerie inox vous épargnent la rouille sur les fixations pour des décennies.
Un banc de jardin ancien dont il ne manque que les lattes est l'une des rares trouvailles qui gagne à être achetée fatiguée. L'assise pourrie fait fuir les acheteurs et fait chuter le prix, alors qu'elle se refait pour 10 à 30 € de bois et un après-midi. Le piètement, lui, ne demande rien : c'est la partie noble du meuble, et elle est déjà là.
Tout se joue sur trois réflexes : mesurer les lattes d'origine avant d'acheter le bois, choisir une essence adaptée à l'extérieur, et fixer à l'inox pour ne plus jamais y revenir. À vous de repérer le banc que les autres ont snobé pour son assise, et de lui offrir les décennies qu'il a encore devant lui.
Système D - Mobilier de jardin : remettre à neuf un banc en bois et fonte (2025) [FR] : https://www.systemed.fr/mobilier-deco-eclairage-confort/renover-banc-bois-et-metal,8572.html
Royal Horticultural Society - Furniture: maintaining garden seats and tables (2025) [EN] : https://www.rhs.org.uk/garden-jobs/furniture-maintaining-garden-seats-and-tables
FCBA - Bien comprendre les classes d'emploi et la préservation des bois (2020) [FR] : https://www.fcba.fr/wp-content/uploads/2020/11/bien-comprendre-la-pr%C3%A9servation.pdf
ADEME - Entreprises et collectivités : optez pour le réemploi réutilisation et la réparation (2024) [FR] : https://economie-circulaire.ademe.fr/reemploi-reutilisation
Je participe à la conception et à la validation des contenus éditoriaux de GardenTed. Au Service Client, je vois passer les questions des acheteurs comme des vendeurs : quel prix demander pour une tondeuse de cinq ans, comment juger un salon de jardin sur trois photos, quoi vérifier avant de faire la route. Nos guides répondent à ces questions, avec les repères qu'on aimerait tous avoir la première fois qu'on achète d'occasion.
Une bonne affaire, c'est un vendeur honnête et un acheteur qui sait quoi regarder.